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Longtemps vue d’un mauvais œil par le monde financier en raison de sa naissance liée à bitcoin et aux autres cryptomonnaies, la technologie de chaines de blocs ou blockchain commence à intéresser les acteurs traditionnels. Concurrence des fintechs oblige.

« Comment apprivoiser la blockchain ? » Depuis l’apparition de bitcoin en 2009, le monde financier s’interroge sur la technologie sous-tendant cette monnaie virtuelle, la blockchain. Est-elle fiable ? Peut-on l’utiliser hors de bitcoin et des autres cryptomonnaies ? Après une longue période de méfiance, les institutions financières et les banques s’intéressent à cette technologie au point de lancer des premiers projets. Les fintechs, ou start-ups spécialisées dans la finance, s’y sont lancées les premières comme Gem ou Chain qui proposent tous deux de réaliser des blockchains dédiées aux besoins financiers.
Comme l’explique Emily Vaungh, directrice marketing de Gem, « actuellement avec les blockchain de type bitcoin vous n’avez pas assez de confidentialité comme les ledgers (NDLR : équivalent numérique des registres ou grands livres au sens comptable du terme) sont publics. Les banques veulent une couche d’abstraction où elles peuvent faire échanges et compensations sans être vues par tous les participants de la blockchain. Or la blockchain agit à la fois comme un enregistreur de log et un programme.

Les régulateurs adorent la façon dont il est impossible de changer les transactions et dont vous pouvez intégrer des mécanismes au cœur de la technologie pour appliquer les règles financières automatiquement. » La solution que propose Gem est d’être l’équivalent d’Active Directory pour les banques et autres institutions financières pour la blockchain, les différents acteurs sachant qu’ils s’adressent à d’autres sociétés vérifiées du même secteur sans pour autant voir automatiquement qui fait quoi à l’instant T.

La Bourse pour des premiers essais

Une fois cette condition d’anonymat levée, reste à voir si la blockchain répond aux besoins des banques en termes de charge de travail et de vitesse. Depuis 2014, le consortium R3 qui regroupe 42 banques mondiales réfléchit à différents usages de la blockchain dans le monde financier. L’un de ses membres, la Barclays, s’appuie sur ses travaux pour l’enregistrement de « contrats intelligents. » En France, BNP Paribas et trois plates-formes de crowdfunding vont utiliser ce type de contrats, enregistré dans une blockchain, pour émettre des obligations boursières. Les investisseurs achetant ces titres verront leurs paiements traités immédiatement et des e-certificats leur seront émis instantanément. Aux États-Unis, t0 a créé sa propre infrastructure dédiée au trading haute-fréquence (HFT) à Wall Street.
Patrick Byrne, PDG et fondateur de T0, a développé son ambition lors de Money 2020 Europe en avril dernier : « Nous nous focalisons sur le système de compensation et sur la sécurité. Nous pensons que nous pouvons fournir le même service de back-office en manière de compensation que les hedges funds classiques pour nettement moins cher et avec plus de sécurité, car moins soumis aux aléas financiers.

La blockchain pourrait enregistrer toutes les transactions, alors que jusqu’à présent les flux HFT ne représentent pas de vrais ordres avant d’être finalisés. La blockchain de type bitcoin n’est pas suffisante, car elle n’enregistre que sept transactions à la seconde. Nous avons construit notre propre ledger dessus pour la rendre beaucoup plus rapide tout en restant aussi sûres. » Sa société a depuis signé un partenariat avec le courtier californien Keystone Capital Corporation.

Une solution assez agile ?

C’est ce problème de vitesse qui pose problème pour le déploiement de la blockchain dans des applications à destination du grand public. Ainsi, Armand Dos Santos, directeur technique de S-Money, filiale de BPCE qui gère entre autres les cartes étudiantes, confie : « Nous avons fait tourner, à titre de prototype, notre service sur une blockchain et non sur une base de données classique. Ce n’est pas encore au point pour envisager un déploiement en production. Les performances sont moins bonnes et la consommation des ressources plus importantes qu’avec un système classique. »

Les premières applications concrètes de grande ampleur sont plutôt à chercher du côté du B2B. Avec B2B Connect, Visa s’est associée à Chain pour accélérer le paiement entre professionnels. Lancé au premier trimestre 2017, ce système fait que les virements de banques à banques transfrontaliers ne se font plus en utilisant un correspondant bancaire, mais en passant par une blockchain ad hoc entre partenaires privilégiés. À l’image de la blockchain que teste actuellement SWIFT, même si celle-ci n’est pas encore lancée.

Techniquement, les deux pourraient selon Chain fusionner, même si rien n’est prévu pour l’instant au niveau organisationnel. Le rival principal de Visa, MasterCard se tient près, mais il ne lance pas d’initiative directe. Il se contente de fournir les outils, sous forme de deux API différentes, à ses clients — banques ou commerçants — pour tester leurs propres démarches.

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